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Entretien professionnel ou entretien annuel ?
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Entretien professionnel ou entretien annuel ?

Deux entretiens, deux logiques différentes. Comprendre la distinction entre l'entretien annuel et l'entretien professionnel, c'est mieux valoriser chaque échange avec vos collaborateurs.

Décembre, c’est la saison des entretiens. Beaucoup d’entreprises les planifient ensemble, dans la même semaine, avec le même document. Et beaucoup les confondent. Entretien annuel et entretien professionnel n’ont pas le même objet, pas la même logique, et pour l’un des deux, une obligation légale avec des sanctions. Voici comment les distinguer et comment en tirer quelque chose d’utile pour vos équipes.

Imaginez un manager qui sort de deux entretiens conduits dans la même journée. Le matin, il a évalué la performance de l’année et fixé les objectifs pour 2025. L’après-midi, il a “fait l’entretien professionnel” en ajoutant une question sur les formations à la fin du même document. En sortant, il pense avoir tout fait. Il a fait la moitié.

C’est la confusion la plus répandue dans les TPE et PME que nous accompagnons, et elle est compréhensible : personne n’apprend à conduire ces entretiens, on apprend en les faisant. Mais elle a deux conséquences concrètes : le salarié n’a pas eu l’espace pour parler vraiment de son parcours, et l’entreprise est exposée légalement si elle ne peut pas prouver que l’entretien professionnel a bien eu lieu.

Pour clarifier une fois pour toutes la distinction entre les deux, il vaut la peine de comprendre pourquoi l’entretien professionnel existe.

Pourquoi l’entretien professionnel a été rendu obligatoire

Avant la loi de 2014, le dialogue sur le développement des compétences et les perspectives de carrière dépendait entièrement de la bonne volonté de l’employeur et du manager. Dans les entreprises bien organisées, avec des dirigeants attentifs, ces conversations avaient lieu régulièrement. Dans les autres, et elles sont nombreuses, elles n’avaient tout simplement pas lieu. Des années passaient sans qu’un salarié ait eu l’occasion de faire le point sur son parcours, d’exprimer ses aspirations ou d’être informé de ses droits à la formation.

C’est précisément pour ça que le législateur a créé une obligation. Pas pour alourdir les charges des employeurs, mais pour garantir à chaque salarié, quelle que soit la taille de son entreprise, quel que soit son poste, qu’il bénéficie d’un espace dédié à son développement. Un espace où la question n’est pas “est-ce que vous avez atteint vos objectifs” mais “est-ce que votre parcours professionnel avance dans une direction qui vous convient, et comment l’entreprise peut vous y aider”.

Sans obligation, ces moments passeraient facilement à l’as dans le quotidien opérationnel des TPE et PME. L’urgence du terrain prend toujours le dessus. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté : c’est une question de structure. L’obligation crée la structure qui protège ce temps, pour le salarié comme pour l’employeur.

Deux entretiens, deux questions différentes sur la même personne

La distinction n’est pas une question de format ou de durée. C’est une question d’objet. Les deux entretiens regardent la même personne, mais depuis un angle différent et sur un horizon différent.

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L’entretien annuel répond à une question de performance

Est-ce que cette personne fait bien ce qu’on lui demande de faire aujourd’hui ? Bilan de l’année, objectifs atteints ou non, axes d’amélioration dans le poste actuel, fixation des objectifs pour l’année suivante. Non obligatoire légalement, sauf accord de branche ou convention collective.

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L’entretien professionnel répond à une question de parcours

Où en est cette personne dans son développement de compétences, et où veut-elle aller ? Aspirations, formation, évolution, CPF. Obligatoire tous les 2 ans pour tout salarié en CDI. C’est le salarié qui est au centre, pas sa performance de l’année.

Ce que les deux entretiens se disent l’un à l’autre : ce qui ressort de l’entretien annuel (difficultés répétées, compétences manquantes, évolution du poste) nourrit la préparation de l’entretien professionnel. Et ce qui ressort de l’entretien professionnel (aspirations, formations envisagées, souhait de mobilité) éclaire la fixation des objectifs de l’entretien annuel. Les deux se renforcent quand on cesse de les confondre.

Ce que dit la loi sur l’entretien professionnel

L’entretien professionnel est encadré par la loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle. Voici ce que vous devez savoir pour être en règle.

Qui est concerné

Tous les salariés en CDI, quelle que soit leur ancienneté. L’entretien doit être proposé aussi lors de certains retours (congé maternité, congé parental, arrêt longue durée).

La fréquence et le formalisme

Tous les 2 ans. L’entretien doit faire l’objet d’un document écrit, signé par les deux parties, dont une copie est remise au salarié. Sans ce document, l’entretien n’a pas eu lieu aux yeux de la loi.

Le bilan à 6 ans et les sanctions

Tous les 6 ans, l’employeur doit vérifier que le salarié a bénéficié d’au moins 2 éléments parmi les 3 suivants : une formation non obligatoire, une certification, une progression salariale ou professionnelle. Dans les entreprises de 50 salariés et plus, si le bilan n’est pas satisfaisant, l’employeur doit abonder le CPF du salarié de 3 000 euros.

Ce qui fait vraiment la différence dans la conduite

Deux entretiens bien conduits en décembre, c’est possible sans que ça devienne une semaine de réunions. Voici ce qui change concrètement quand on les prépare vraiment.

1

Prévenir le salarié à l’avance avec les thèmes

Un salarié qui reçoit la convocation la veille arrive sans réflexion. Un salarié qui reçoit les questions deux semaines à l’avance arrive avec ses propres idées. C’est ce deuxième entretien qui produit quelque chose d’utile pour les deux parties.

2

Écouter sans défendre ni corriger

Quand un salarié dit que telle formation ne lui a servi à rien, le réflexe est de justifier. La bonne posture est de noter. Ce qu’il exprime sur ce qui l’anime ou le freine est une information de valeur que vous n’obtiendrez nulle part ailleurs si vous ne créez pas cet espace.

3

Explorer les voies de développement au-delà des formations

Une formation catalogue n’est pas toujours la réponse. Élargissement de mission, mentorat par un pair expérimenté, apprentissage par la pratique sur un nouveau projet, mobilité interne sur une autre équipe : ces leviers coûtent souvent moins cher et produisent des effets plus durables.

4

Formaliser les objectifs avec méthode

Un objectif flou produit une évaluation floue. La méthode SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporel) s’applique aussi bien dans une PME de 15 personnes que dans un grand groupe. Ce n’est pas une contrainte bureaucratique : c’est ce qui permet à un manager et à un salarié de parler de la même chose dans 12 mois.

5

Donner une suite visible dans les semaines qui suivent

Un entretien sans suite dit au salarié que ce qu’il a exprimé ne comptait pas. Une relance courte en février sur un engagement pris en décembre change radicalement la perception de l’entretien. Ce n’est pas une contrainte : c’est ce qui construit la confiance sur le long terme.

La question à se poser en sortant d’un entretien : si ce salarié avait eu cette conversation avec quelqu’un d’autre que vous, est-ce qu’il aurait dit la même chose ? Si la réponse est non, c’est que vous avez créé un espace de confiance réel. Si c’est oui, l’entretien n’a pas encore joué son rôle.

Sources : loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale ; article L. 6315-1 du Code du travail ; article L. 6321-1 du Code du travail.

Ce contenu est conçu par notre équipe d’experts RH et management, à partir de situations réelles rencontrées sur le terrain. L’intelligence artificielle contribue à sa mise en forme sur ce blog.

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